Focus joueur n° 6
Retrouvez dans ce focus n°6, le portrait de Salomé Lumbaca, membre au Golf Club de Lyon, dans lequel elle revient sur son parcours, sa saison 2024 et le début de saison 2025 ainsi que ses objectifs futurs.
Bonjour Salomé, pour commencer, peux-tu te présenter ?
Je m'appelle Salomé Lumbaca, j'ai 15 ans et je joue au Golf Club de Lyon depuis 2023.
J'ai débuté le golf à l'âge de 4 ans avec mon frère au golf de Mionnay, où j'ai passé près de dix années. Actuellement, mon index est de +3,8 et je suis à la 902ème place au World Amateur Golf Ranking.
Au départ, je jouais principalement en famille, puis j'ai commencé à suivre mes premiers cours à l'âge de 9 ans.
Concernant ton staff, comment l'as-tu constitué ?
J'ai conservé le même staff depuis que j'ai commencé le golf. Mon coach technique est Renaud Gris, avec qui je travaille une à deux fois par semaine en fonction des périodes de compétition.
Mon coach de putting, David Ames est basé à Liverpool ; nous nous voyons une fois par mois, et il m'accompagne parfois sur certains tournois à l'étranger. Mon préparateur physique est Ludovic Perge, anciennement à Mionnay et mon préparateur mental, Cédric Coquet.
Depuis l'année dernière, j'ai également un coach de neurovision, Romain Bordas. Cela me permet d'analyser mon environnement plus rapidement et plus précisement, ce qui est très utile pour évaluer les profondeurs et ajuster mes trajectoires.
Quel est ton rythme d'entrainement hebdomadaire ?
Je m'entraine 6 jours sur 7, avec une pause le lundi. En moyenne, mes séances durent trois heures, mais cela varie en fonction de mon programme et des éventuelles sessions sur le parcours.
Comment parviens-tu à concilier les entrainements avec tes études ?
Je suis actuellement en classe de Première car j'ai un an d'avance, et je suis mes cours via le CNED depuis mes 11 ans. Ce système me permet d'organiser mon emploi du temps avec plus de flexibilité, bien que la charge de travail reste importante.
Je n'ai pas d'horaires fixes, car je n'ai pas de professeurs, si ce n'est une enseignante d'anglais que je vois une à deux fois par semaine, principalement pour de la conversation.
Lorsque j'étais en 6ème, il y a eu l'épidémie du COVID et donc à l'époque, j'avais mes cours à distance. En parallèle, je faisais ma préparation physique et étant donné que j'étais sportive de haut-niveau, je pouvais toujours aller m'entrainer.
Finalement, ce système m'a beaucoup plu et c'est à ce moment-là que je me suis dit que je pouvais suivre mes cours avec le CNED, donc j'ai commencé en classe de 5ème.
Que t'apporte ton intégration au Centre Régional d'Entrainement de la Ligue ?
Dans un premier temps, le CRE m'a permis de rencontrer davantage de personnes, ce qui était important étant donné que je suivais mes études à distance.
De plus, s'entrainer avec d'autres joueurs que ceux de mon club est enrichissant.
C'est également intéressant pour nous d'avoir l'avis d'autres coachs car ils peuvent avoir différentes méthodes d'entrainement ou une manière d'expliquer différente.
Peux-tu revenir sur ta saison 2024 et tes principaux résultats ?
L'événement marquant de 2024 a été les Championnats de France, où j'ai remporté le titre chez les Minimes, et d'autant plus que je ne m'y attendais pas du tout.
En allant à Saint-Malo pour la compétition, je n'avais pas la victoire finale en vue car la saison avait été assez compliquée et je n'avais pas de très bons résultats. De plus, les conditions de jeu n'étaient pas très avantageuses à cause de la météo donc au début je ne tapais pas bien mais au final j'ai réussi à mettre mon jeu en place et à m'imposer même si la compétition a été réduite à 2 tours.
Ce titre m'a donc fait du bien pour me relancer totalement, et puis le fait que Sara Brentcheneff, ma coéquipière en club s'impose également dans une catégorie différente, ça a été chargé en émotion.
Il y a également le Grand Prix de Valescure que j'ai gagné au mois d'octobre qui est une compétition assez réputée donc j'étais contente, ainsi que ma dernière compétition, les Internationaux d'Espagne Dames où j'ai fini 2ème.
Je pense qu'il s'agit de mes trois meilleurs résultats sur la saison 2024, donc c'était un mois d'octobre très réussi.
Quand as-tu commencé ta saison 2025 ?
J'ai commencé avec les Internationaux du Portugal fin janvier, et j'ai participé par la suite au match Octogonal Dames avec l'Equipe de France.
Je devais ensuite enchainer avec le Grand Prix de Saint-Donat mais je me suis blessée, j'ai une douleur qui est remontée du pouce jusqu'au coude suite à un mauvais coup, ce qui m'a empêché de participer à cette compétition.
J'ai recommencé la compétition en Espagne aux Internationaux en ayant repris l'entrainement seulement 2 jours auparavant, mais avec la douleur qui persistait et le manque de préparation, ça a été un peu compliqué même si j'ai quand même réussi à passer le cut.
Comment organises-tu ton calendrier de compétitions ?
Je fais deux points dans l'année afin d'organiser mon planning. Le premier pendant l'hiver au mois de décembre en essayant de fixer les compétitions jusqu'au mois de juillet et le second pendant la période estivale.
Lorsque je réalise mon calendrier, je suis avec l'ensemble de mes coachs, technique, physique ou mental ; et on essaye de tout fixer ensemble et en fonction de mon état physique, de mes performances et de mon ressenti, il peut y avoir des modifications.
Donc, en résumé, la planification est faite bien en amont mais elle peut changer au cours de l'année.
Que ressens-tu en représentant la France en compétition ?
C'était mon rêve depuis petite de représenter mon pays lors d'une compétition.
Par exemple, lorsque j'avais 9 ans, j'ai participé aux Championnats du Monde, et en amont du tournoi, il y a la parade où tu portes le drapeau de la France et j'ai trouvé ce moment incroyable.
C'est magique de représenter ton pays et encore plus lorsqu'on arrive jusqu'à la victoire finale, comme à l'Octogonal.
C'est également interessant de voir jouer d'autres nations et d'autres joueuses, qui ont un jeu totalement différent. Elles ont des visions de jeux différentes, des façons de s'entrainer qui ne sont pas du tout comme chez nous.
Sur ces compétitions internationales, on voit également notre niveau de jeu et celui des autres joueuses à l'étranger, et puis le fait d'être en équipe ça nous apporte encore plus.
Quel est ton ressenti lorsque tu participes à des compétitions par équipe ?
Je ne pourrai pas faire des compétitions par équipe toute l'année mais j'aime beaucoup y participer.
Participer à la Golfers' est incroyable. J'ai déja joué 3 éditions, les deux premières avec l'équipe Dames de Mionnay qui se sont déroulées en 2022 au GCL et en 2023 à Omaha Beach, et la dernière en 2024 à Chantilly où j'ai porté pour la première fois les couleurs du Golf Club de Lyon. Je participerai à ma quatrième cette année à Biarritz.
Mes compétitions favorites en équipe sont la Golfers' car tu représentes ton club et celles avec les Equipes de France car tu représentes ta nation.
Les autres tournois par équipe auxquels j'ai participé en club en plus de la Golfers' sont les Divisions U16, que je fais depuis 5 ans et les Divisions Régionales.
Quels sont tes objectifs pour la saison 2025 ?
Je vise le Top 10 sur les compétitions internationales U18 et adultes.
Un autre objectif, défini avec mon préparateur mental, est de réaliser une carte de 65 dans l'année.
Enfin, j'espère améliorer mon classement WAGR en atteignant le Top 700 avant la fin de l'année.
Quel est ton projet a plus long terme après la terminale ?
Je viens de commencer les démarches pour un potentiel départ aux Etats-Unis afin d'avoir 2 options à la fin de mon lycée.
Dans un premier temps, je ne peux pas vraiment savoir mon niveau golfique que j'aurai à la fin de ma terminale et si j'aurai les capacités de passer professionnel directement.
J'ai également la possibilité de faire ma terminale en deux ans afin de répartir davantage mes examens, et avoir plus de temps pour le golf.
Etant donné que j'ai un an d'avance, partir aux Etats-Unis lorsqu'on a 17 ans, ce n'est pas forcément le mieux, donc c'est pour ça que deux années de terminale serait un bon compromis pour partir ensuite en université ou alors passer professionnel.
Une des universités qui m'attire est notamment l'université de Caroline du Sud, par laquelle est passée Pauline Roussin-Bouchard.
L'objectif final est de passer professionnel ?
Exactement, mon rêve est d'évoluer sur le LPGA.
Merci Salomé !